L’univers de la finance est-il au seuil de sa révolution verte ? Depuis quelque temps, on assiste à une accélération des financements orientés vers des activités dites « responsables ». Entre 2019 et 2020, le montant de l’investissement à impact a augmenté de 40%, pour atteindre 715Mds$ (source : Cahier Impact du FIR et France Invest.)  

Ce phénomène est à la fois une réponse à la demande croissante des investisseurs et à une situation de marché directement poussée par des risques croissants associés au financement des activités participant au réchauffement climatique : risque physique et risque réglementaire. 

finance durable

Finance et impact peuvent-ils être réconciliés ?  

Les débats sont vifs sur la question. Comment l’instrument premier des marchés pourrait-il être compatible avec les enjeux de développement durable, alors que le capitalisme à outrance est désigné principal coupable de la crise climatique ? 

Sans une action publique claire, incitative et coercitive, il nous semble peu probable que la situation change rapidement et que les marchés régulent à eux seuls les défauts du système actuel. On parle toutefois de plus en plus de finance durable, et des produits financiers se positionnant sur des activités soutenables apparaissent, mais avec peu ou pas de garanties claires.  

Néanmoins, la nécessité de développer un financement à impact positif n’est plus seulement le fait d’un argument de communication. Le réchauffement climatique constitue en effet un risque réel. Le dernier rapport du GIEC (détails dans l’article du site bonpote.com), qui porte sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique, est sans appel : 3,3 milliards de personnes y sont exposées. En parallèle, la guerre en Ukraine nous rappelle, de façon bien dramatique, la double dimension de la transition énergétique : en amont, notre dépendance aux énergies fossiles et, en aval, le changement climatique que provoque leur combustion. 

En septembre 2021, la Banque centrale européenne (BCE) a publié les résultats de son premier stress test climatique, appliqué à l’économie européenne et aux banques en particulier. Il en ressort que l’économie et les institutions financières sont dangereusement exposées à deux types de risques. 

Le premier est directement lié aux impacts physiques du réchauffement, à la fréquence et à l’ampleur des catastrophes naturelles qui en résultent et à leurs conséquences sur la vie économique. 

Le second, appelé « risque de transition », dépend des décisions qui seront prises par les pouvoirs publics en matière de réglementation. En cas de véritable durcissement, les industries fortement émettrices seront les plus pénalisées, et par conséquent leurs financeurs seront fragilisés en cas de défaillance. 

Finance verte ou investissement à impact ? 

Finance durable, finance à impact, finance verte… Que met-on derrière ce vocabulaire ? 

Il n’y a pas de définition de la finance ou de l’investissement à impact qui soit « officielle ». Mais il existe de nombreux labels et standards permettant de considérer qu’un actif est vert ou non, notamment l’ISR et Greenfin, créés respectivement par le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère de la Transition écologique et solidaire.  

L’ISR, pour « Investissement Socialement Responsable » vise à concilier performance économique et impact social et environnemental, en finançant les entreprises qui contribuent aux objectifs de développement durable dans tous les secteurs d’activité. Greenfin garantit la qualité “verte” des fonds d’investissements. Il s’adresse aux acteurs du monde financier désireux d’encourager les pratiques transparentes et durables. Les fonds qui investissent dans le secteur nucléaire et les énergies fossiles en sont notamment exclus. 

Dans un même ordre d’idée, l’initiative Science Based Targets (SBTi), projet soutenu par l’ONU et le World Wildlife Fund (WWF), encourage les entreprises à définir des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en cohérence avec les préconisations scientifiques. Elle a notamment reconnu l’engagement de la Banque Postale à cesser d’investir dans les énergies fossiles d’ici 2030. 

L’investissement à impact va au-delà et se veut plus inclusif. Il désigne l’ensemble des investissements réalisés dans l’objectif de générer un impact positif et mesurable, parallèlement à un rendement financier, et tout en maîtrisant l’occurrence d’externalités négatives chez les différentes parties prenantes. Il ne se limite plus seulement à la limitation de l’empreinte environnementale et sociale des projets. 

La finance à impact se veut donc réparatrice, là où la finance verte en est encore au stade du « moins pire ». Les fonds d’investissement qui souhaitent être réellement acteurs du changement ne peuvent pas se contenter d’un label vert. Ils ont la responsabilité de s’assurer de l’empreinte réelle des projets qu’ils financent. 

Pour agir de façon positive sur la transition écologique, les fonds ont donc besoin que les entreprises produisent des indicateurs précis de leur impact. L’Europe a d’ailleurs mis en place des règlementations, dont la Non-Financial Reporting Directive (NFRD), qui oblige les sociétés cotées et les grandes entreprises de plus de 500 salariés à communiquer des informations sur les incidences sociales et environnementales de leurs activités. Un seuil qui doit passer dès le 1er décembre 2022 à 250 salariés, en application d’un nouveau texte, la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). 

CVE anticipe la mise en place d’outils de mesure d’impact. 

Bien que nous ne soyons pas encore soumis à cette réglementation, chez CVE nous avons anticipé ces futures exigences dès 2021. En tant qu’acteurs de la transition énergétique et écologique, nous sommes convaincus que la mesure de la valeur environnementale et sociétale est nécessaire pour orienter nos actions. Nous avons donc défini des indicateurs extra-financiers, de performance et de reporting. 

Notre groupe vient réaffirmer ainsi son positionnement d’entreprise à impact, qui participe de sa raison d’être depuis la fondation de CVE. 

Comme toute entreprise, nous mesurons notre performance économique afin de nous assurer de notre rentabilité. Et pour mesurer et suivre les performances de notre création de valeur sociale et environnementale, nous mettons en place des indicateurs dédiés. 

Ces deux aspects sont indissociables. La performance économique du groupe est indispensable à la réalisation de notre vision, qui s’exerce à travers trois angles : 

  • notre métier de producteur d’énergies renouvelables œuvrant ainsi pour réduire l’impact des activités humaines sur le dérèglement climatique, 
  • notre vision stratégique visant à produire une énergie décentralisée dans une logique de circuit court, respectueuse de l’environnement, au plus près des territoires, 
  • la dimension sociétale d’entreprise engagée humainement et favorisant le développement des hommes et femmes qui la construisent. 

CVE a donc déployé un outil de mesure de ses impacts environnementaux et locaux, et les indicateurs de Taux d’Impact Carbone (TIC), et Taux d’Impact Local (TIL). Utilisé pour le moment pour nos centrales solaires en France, ces outils mesurent l’impact de nos centrales sur l’ensemble de leur cycle de vie.  

Mesurer pour évaluer et adapter notre action est une nécessité pour s’assurer que notre impact est positif, pour faire mieux encore et pour constituer un relais de croissance pour CVE.  

Pour en savoir plus sur nos actions en matière d’investissement, visitez notre rubrique « Investisseurs ».