L’autoconsommation photovoltaïque est encore méconnue de beaucoup d’entreprises.

Elle présente pourtant de nombreux intérêts pour les entreprises industrielles et tertiaires ! La production sur site d’une énergie solaire, consommée directement, permet de diminuer l’énergie consommée sur le réseau, jusqu’à 30%. Mais ce n’est pas là le seul avantage de l’autoconsommation pv pour les entreprises. Faisons le tour des dispositifs et de leurs bénéfices.

L'autoconsommation, une stratégie énergétique qui fait bénéficier les entreprises de nombreux avantages

Autoconsommation solaire individuelle ou collective ?

Le principe de base et l’avantage connu de l’autoconsommation sont bien entendu de consommer sa propre électricité.

Dans la mise en place d’un projet d’autoconsommation individuelle, l’énergie produite par la centrale est absorbée par un seul consommateur. Et la centrale photovoltaïque n’est pas raccordée au réseau public de distribution (Enedis) car l’entreprise en consomme toute la production.

Pour dimensionner la taille de la centrale, on analyse les besoins de consommation électrique de l’entreprise et on évalue la part qui pourra être couverte en autoconsommation. Plus ces besoins de l’entreprise sont importants et stables, plus le bénéfice de l’autoconsommation d’électricité sera élevé.

Mais – c’est moins connu – la loi autorise aussi « la fourniture d’électricité effectuée entre un ou plusieurs producteurs et un ou plusieurs consommateurs finals liés entre eux au sein d’une personne morale et dont les points de soutirage et d’injection sont situés en aval d’un même poste »

Cela signifie que l’autoconsommation peut aussi être un projet collectif. Dans ce cas, différents acteurs (entreprises, collectivités), situés proches physiquement peuvent ainsi produire de l’énergie photovoltaïque à l’échelle d’un quartier et la redistribuer aux membres du groupement, via le réseau public de distribution.

Concrètement, il peut s’agir de plusieurs entreprises d’une zone tertiaire, dans un rayon de 1 km, qui installent chacune des panneaux photovoltaïques sur leur toit ou des ombrières de parking, et qui se répartissent la production électrique selon les besoins de chacune.

Autoconsommation collective : télécharger la délibération de la CRE concernant la proximité géographique

Un contexte politique volontariste et un contexte tarifaire favorable

La PPE[1] publiée en janvier 2019 met en avant les objectifs de développement de l’autoconsommation, et insiste sur les moyens : développer le nombre d’installations photovoltaïques et favoriser la production locale, mais aussi ouvrir de nouvelles possibilités à l’autoconsommation collective.

En addition, l’Etat a également lancé un appel d’offre « portant sur la réalisation et l’exploitation d’Installations de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables en autoconsommation ». Cet appel d’offre concerne des centrales photovoltaïques jusqu’à 1 MWc et des projets développés par des entreprises industrielles, tertiaires et agricoles. Objectif : atteindre 450 MWc de projets en autoconsommation d’ici 2023.

Pour soutenir ces ambitions, le contexte économique est plutôt favorable puisqu’on observe une baisse des investissements : installer des panneaux solaires est bien moins coûteux qu’il y a quelques années. Et donc le coût de la production électrique a fortement baissé : divisé par 2 depuis 2013.

L’autre grand avantage de l’autoconsommation est la stabilité du prix de l’énergie de la centrale photovoltaïque. A la différence du prix de marché qui est à la hausse et volatile, le prix de la centrale est stable et prévisible, ce qui sécurise fortement l’entreprise qui autoconsomme une partie de son énergie.

Part des biodéchets valorisés par CVE en 2024

Un impact positif et en phase avec les contraintes RSE

Pour les entreprises, au-delà des enjeux économiques, il peut y avoir d’autres motivations à la réalisation d’un projet d’autoconsommation photovoltaïque. Chez CVE, nous nous définissons comme une « entreprise engagée », et nous ne sommes pas seuls.

En produisant localement sa propre énergie à l’aide de panneaux solaires, l’entreprise agit directement sur son bilan carbone et limite les pertes liées au réseau de transport.

Des exemples de projets individuels ou collectifs

L’image de l’autoconsommation est encore trop associée à la maison individuelle. Or il existe de nombreux cas d’application qui sortent de ce schéma et concernent les entreprises sur des projets à plus grosse échelle.

En ville, des projets significatifs commencent à voir le jour. Lieu idéal de l’autoconsommation collective, les projets sont plutôt portés par les municipalités ou les métropoles, qui équipent les bâtiments publics et engagent ainsi leur territoire dans une démarche de ville intelligente. Mais parfois ce sont des projets associatifs qui se mettent en place, via le groupement de copropriétés par exemple.

Il y a aussi des cas où les territoires disposent aussi de surfaces au sol qui peuvent être valorisées. C’est le cas à Mallemort dans les Bouches-du-Rhône, où une ancienne décharge va permettre d’alimenter la population locale par l’électricité photovoltaïque qui y sera produite.

En périphérie, les parcs d’activité intègrent de plus en plus de projets d’autoconsommation partagés entre bâtiments voisins. Certains vont jusqu’à être « à énergie positive », c’est à dire qu’ils produisent plus qu’ils ne consomment en usage « courant ». Le surplus peut alors être stocké sur batteries et utilisé pour des besoins de production spécifiques.

Tout en restant raccordée au réseau traditionnel, une entreprise qui a une consommation électrique conséquente gagnera en stabilité de son prix grâce à son projet d’autoconsommation photovoltaïque. Et surtout elle engage son entreprise dans une vision vertueuse de long terme, et affirme ainsi ses objectifs RSE.

[1] La PPE est la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Il s’agit un document stratégique publié par l’Etat et qui fixe pour les 5 années à venir les objectifs de la politique énergétique de la France. Elle définit notamment les objectifs de développement des énergies renouvelables dans le mix énergétique français.